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Billet de Pierre Birambeau

2)  Les associations ont, comme les entreprises, besoin de développer leurs capacités de management.
Pour en finir avec les stéréotypes positionnant l’association comme une entreprise au rabais ou comme un regroupement de bonnes volontés sans prise suffisante sur la réalité, la question est d’identifier et d’appliquer les moyens permettant au secteur associatif de faire preuve d’une plus grande efficacité et de dégager davantage de «  bénéfice social » tout en faisant face aux contraintes économiques.


3)  Il existe bien une spécificité du management associatif et ce dernier ne pêche pas par excès de simplicité.

  • Les finalités associatives sont souvent incompatibles avec les possibilités humaines.
    Nourrir 30 millions de personnes dans les pays pauvres, guérir des maladies inconnues, éteindre les haines raciales, c’est une infinité de combats à gagner avant que l’on puisse parler de succès.

  • Les moyens ne sont pas au rendez-vous.

        • L’association ne démarre pas avec un capital initial. et doit vivre dans un climat de plus en plus concurrentiel. La notion de profit financier distribuable est absente ce qui élimine le repère essentiel de la plupart des entreprises.

    • Le bénévolat pose un problème quantitatif. Avec l’accroissement du nombre des associations le « pool » de bénévoles réguliers disponibles qui reste stable voire en léger déclin n’est plus suffisant.
      Le bénévolat pose, davantage encore, un problème qualitatif car on a de plus en plus besoin de talents et d’expériences spécifiques et les budgets de formation sont réduits.

    • La situation est encore plus grave du côté des administrateurs soumis à une grave crise de recrutement.

    • Le recrutement de salariés est, quant à lui, un des plus grands défis du management associatif.

  • Le passage dans l’univers associatif de responsables d’entreprises se heurte à un véritable choc des cultures et aboutit à nombre d’échecs faute de préparation.

  • L’État et les collectivités locales sont des partenaires fluctuants et parfois oppressifs.

  • Pour près de la moitié les ressources des associations proviennent des subventions publiques. Ces dernières sont irrégulières, versées avec des retards souvent considérables, assorties de conditions d’utilisation qui reviennent parfois à faire dévier l’association de sa mission sociale originelle.

  • On assiste à une véritable crise du sens que souligne le chercheur François Rousseau, Docteur en sciences de gestion de l’École Polytechnique. De même qu’il faut construire des outils de gestion économique il faut construire des outils de sens afin de travailler en cohérence avec les objectifs sociaux ce qui passe par exemple par la restauration de liens sociaux au sein même de l’association et par des mesures concrètes telles qu’une révision des statuts.


3) Face à ces difficultés dont la liste est loin d’être exhaustive comment parvenir à un véritable management associatif ? 
Les moyens de faire bouger les choses sont innombrables grâce à la volonté et l’engagement de responsables associatifs très motivés…

Si on privilégie les mesures systématiques, qui ont un effet de levier maximum on trouve notamment :

a) Les formations.
Elles sont loin d’épuiser le budget légal qui leur est dévolu pour les salariés et sont trop souvent bâclées ou trop partielles pour les bénévoles et surtout les élus du Conseil d’Administration.

  • Tant qu’il s’agit du projet associatif lui-même on trouve des personnes déjà formées ou que l’on peut former en interne. Par exemple les chargés de mission d’une ONG apprennent ce qu’est la logistique  d’une mission, et les écoutants de SOS amitié apprennent l’écoute à travers un parcours très rigoureux. 

  • Mais pour toutes les fonctions qui font appel à des qualités générales de manager (Présidence, Élus, Direction Générale, Secrétariat général, DRH) le recrutement est problématique et la gestion des ressources humaines n’est prise en compte que par une très petite minorité.

  • Les formations doivent partir de réalités basiques au management associatif mais insuffisamment prises en compte. Donnons quelques exemples :

La stratégie associative ce n’est pas de sauter sur toute misère qui traîne c’est d’arriver à ce que l’association joue un rôle irremplaçable dans le cadre de la mission qu’elle s’est donnée.

Les bénévoles ce ne sont pas des salariés gratuits ce sont des personnes qui viennent appliquer et optimiser leur savoir-faire.

Mettre en œuvre une politique de communication, savoir impliquer les médias, recourir au lobbying ou à des gestes ou des événements forts qui vont susciter un intense bouche à oreilles et attirer les médias sont les armes que peut et doit se permettre d’acquérir une association.

Un site Internet associatif ce n’est pas un fatras c’est la vitrine d’une organisation bien conçue et attractive où chacun peut trouver vite les informations qu’il cherche et éventuellement devenir contributeur au contenu.

Chercher des fonds demande de bien comprendre la psychologie et les impératifs des financeurs, de rassembler ses actions sur les axes porteurs et de comprendre le lien stratégie-communication-financements-évaluation en ne se trompant pas d’ordre.


b) Les consultants spécialisés.
Ils peuvent intervenir avec succès dans la stratégie, la tactique, la logistique des associations s’ils trouvent au sein de l’association des interlocuteurs réellement disposés à débattre de leurs propositions et ayant les moyens de les appliquer.


c) Certaines initiatives en amont du secteur associatif telles que celles de France Bénévolat, d’Admical de Passerelles et Compétences, de Juris associations, des DAL ou d’ « Associations mode d’emploi»sont exemplaires de ce qu’il faut développer.


d) Une pression politique constante avec des pointes au moment opportun pour que le secteur associatif soit débarrassé des clichés qui l’encombrent est nécessaire..


C’est le secteur associatif tout entier qui est concerné et avec l’ADEMA nous essayons de contribuer à lui donner les moyens qu’il mérite en impliquant un réseau de plus en plus compétent et étendu.

Nous serions heureux d’avoir vos réactions sur ce qui précède.
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