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Interview Marie Engel, UNICEF
Marie Engel, International and Corporate Alliances Officer, UNICEF, New York

Marie Engel, International and Corporate Alliances Officer, UNICEF Après quelques années en tant que chargée des relations entreprises au Comité français pour l’UNICEF, Marie Engel travaille aujourd’hui au siège de l’UNICEF à New York, responsable de partenariats internationaux.

 

Créé en 1946, l’UNICEF poursuit des objectifs humanitaires à moyen et à long terme en coopérant, dans 162 pays et territoires, à des programmes de développement portant sur la mise en place de structures dans cinq grands domaines :
  •  la lutte contre le VIH/SIDA ;
  •  la vaccination ;
  •  l’éducation des filles ;
  •  la petite enfance ;
  •  la protection des enfants.

 L’UNICEF intervient également, à hauteur de 20 % de ses dépenses totales, dans les situations d’urgence.

Pouvez-vous décrire votre emploi actuel et votre parcours professionnel ?

Je suis actuellement responsable de certains partenariats internationaux de l’UNICEF et en charge du développement des alliances avec les entreprises au sein des pays où l’UNICEF est implanté. Je couvre plusieurs régions : Europe de l’Est, Afrique, Amérique du Sud et certains pays asiatiques.

Pourquoi avez-vous choisi ce poste ?

Ce poste m’a été propose par une collègue à New York, je n’y avais pas postulé. Je l’ai accepté car je trouvais que cela était intéressant d’avoir la perspective du siège de l’UNICEF en plus de celle d’un de ses comités nationaux. Par ailleurs, comme à moyen terme je souhaite partir pour l’UNICEF sur le terrain, passer par le siège où sont installées toutes les divisions de l’UNICEF et faire connaissance avec d’autres collègues est primordial pour moi.

Quels sont les défis majeurs auxquels vous êtes confrontée en tant que responsable des partenariats entreprises de l’UNICEF au niveau international ?

En ce qui concerne le déploiement des partenariats internationaux, les défis sont le manque de ressources, humaines et financières, en particulier pour certains bureaux UNICEF. Au niveau des partenaires entreprises, le challenge est bien évidemment de trouver de nouveaux partenaires, surtout pour nous appuyer dans des domaines sous finances, comme notre projets Sida, ou encore mettre en place des programmes toujours plus innovants, créatifs et uniques.

Le type de partenariats entre ONG et entreprises a-t-il évolué ses dernières années ?

Oui, car il ne s’agit plus d’une démarche purement philanthropique de la part des entreprises. En effet, celles-ci voient les ONG non plus comme des projets à financer mais comme des partenaires auprès desquels elles peuvent trouver une expertise, en matière de droits de l’homme ou de protection de l’environnement par exemple.

Quelles sont les différences, au niveau des relations entre le secteur marchand et le secteur non marchand, entre la France et les États-Unis ?

Les relations ONG-entreprises aux États-Unis sont beaucoup plus étendues, car la collecte de fonds du secteur associatif concerne également les universités, les écoles et diverses communautés. Chaque américain a collecté des fonds et recherché des sponsors pour une cause ou une autre dans sa vie, ne serait-ce que par une vente de gâteaux ou par l’organisation d’un dîner de gala.

De plus, les relations ONG-entreprises sont moins liées au relationnel aux États-Unis. Il y a beaucoup de professionnalisme au niveau des responsables partenariats, que ce soit au niveau des entreprises ou des ONG. De nombreuses conférences ou séminaires sur la collecte de fonds sont d’ailleurs organisés dans tout le pays par des experts en la matière.

Quelle est la politique de l’UNICEF en termes de partenariats entreprises ?

L’UNICEF recherche un véritable engagement et non uniquement un apport financier. L’UNICEF souhaite que les entreprises agissent comme des parties prenantes à part entière, par exemple en établissant un apport d’expertise, en montrant l’exemple, en jouant le rôle de porte-parole auprès de leurs employés et consommateurs.

Pour renforcer son action en faveur des enfants, l’UNICEF cherche notamment à resserrer ses liens avec les entreprises les plus dynamiques, qui sont conscientes de leur rôle en matière de développement durable. La responsabilité sociale des entreprises, ce n’est pas seulement comment une entreprise dépense son argent mais comment elle gagne cet argent.

Les valeurs du développement durable sont nées autour de l’environnement et de son respect. Elles se sont aujourd’hui enrichies d’une dimension essentielle qui est l’homme : il est au centre de ce nouveau modèle de développement qui repose sur une plus grande solidarité. Le développement durable ne peut être mieux assuré qu’en améliorant le facteur humain et la formation des générations futures, les enfants d’aujourd’hui. Investir aujourd’hui pour les enfants, c’est donc promouvoir le développement durable. Dans le monde d’aujourd’hui, nous dépendons les uns des autres.

Quel est le plus grand partenaire de l’UNICEF ?

L’UNICEF a plusieurs partenaires majeurs. Il est difficile de n’en citer qu’un ou deux, mais par exemple IKEA et British Airways sont des partenaires de long terme qui ont contribué aux actions de l’UNICEF a hauteur de plusieurs milliers de dollars.

Pourriez-vous citer un ou plusieurs exemples de partenariats "innovants" entre l’UNICEF et une entreprise ?

L’un des récents partenariats innovants de l’UNICEF est celui avec l’ATP (l’Association des Professionnels du Tennis). L’ATP a choisi l’UNICEF comme partenaire mondial dans le domaine de l’humanitaire, et ceci pour les trois années à venir. Elle met ainsi le tennis au service de la santé, de l’éducation et de la protection des enfants. En 2005, l’ATP et l’UNICEF ont lancé le partenariat ACE (Assisting Children Everywhere - Aider les enfants partout). Les joueurs de l’ATP, ses tournois et ses supporters soutiennent le partenariat ACE par le biais de multiples projets de communication et de récolte de fonds. L’ATP a enrôlé certains des meilleurs joueurs de tennis de la planète pour qu’ils se fassent les champions des enfants et prêtent main-forte au partenariat ACE par le biais de témoignages enregistrés et d’interviews ou en honorant de leur présence des manifestations caritatives.

Pierre Birambeau, président de l'Adéma Commentaires de Pierre Birambeau, Président de l’ADEMA et animateur du module "comment développer les partenariats?"

Cette interview illustre bien plusieurs principes abordés aux UMA :

  • Toute stratégie de partenariat implique l’intervention de ressources humaines adaptées. D’abord l’accord politique doit impliquer le conseil d’administration. Ensuite la direction générale doit être consciente de l’importance potentielle du partenariat et décidée à mettre en œuvre une telle stratégie. Enfin un poste de responsable de partenariats doit être créé. Le responsable doit posséder différentes qualités relatives au développement et à la communication et avoir conscience de la culture des entreprises. Il doit de plus être capable d’assimiler le projet associatif global et les projets plus ciblés sur lesquels s’appuie chacun des partenariats.
  • Le temps des philanthropes a aujourd’hui laissé la place à celui des négociateurs, qui veulent trouver des contreparties à plusieurs niveaux (image institutionnelle, communication externe, communication interne, promotions commerciales...).
  • Les entreprises expriment aujourd’hui une volonté forte de bâtir progressivement un partenariat plus global. C’est pourquoi, aux UMA, nous rattachons les formations sur la collecte de fonds aux enjeux fondamentaux des associations (mission, stratégie, communication, ressources humaines, gouvernance, droit, finance).
 
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